Les costumes dans une mise en scène Imprimer
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Écrit par C. Frizza Thibault   

TEXTE ET REPRESENTATION :

LA CLASSE / LA REPRESENTATION EN SALLE

costumes

PISTES SEANCES DE COURS

L'étude d'une représentation peut faire la place belle à l'un de ses paramètres, le costume. Rattaché au déguisement, clef du jeu dans l'enfance, il ne manque jamais d'impressionner/séduire  le public scolaire. Sa fonction n'est cependant pas purement esthétique : il relie à la caractérisation du personnage, intervient dans la construction de la gestuelle par le  comédien qui interprète le rôle,  et peut enfin ouvrir sur la dramaturgie que met en œuvre le metteur en scène pour rendre sensible celle de la pièce.

Quelques éléments de définition tirés du Dictionnaire de théâtre et de L'Analyse des spectacles de P.Pavis avant de proposer des pistes de séances.

I-  Des éléments théoriques de base

II- Approfondissement

Liens vers des dictionnaires en ligne , voir « liens web / site  théâtre ac-réunion/index.fr »

I-       ELEMENTS THEORIQUES DE BASE

Le costume prend dans la mise en scène contemporaine une importance croissante.

« Deuxième peau de l'acteur » (TAIROV), le costume est un vêtement porté sur scène lors de la représentation. Toujours présent dans l'acte dramatique comme signe du personnage incarné / signe du jeu ( le ' comme si' de la fiction dramatique), il assume dorénavant des fonctions plus riches que le simple marqueur d'une condition et d'une situation.

Il devient l'un des « signifiants scéniques » (PAVIS) et fait l'objet d'un travail de grossissement, de simplification, d'abstraction, de lisibilité.

1- Evolution du costume

a) Rattaché au rituel religieux, le costume de scène est parfois immuable.  Certaines traditions théâtrales orientales figent les costumes en un  système figé  à la codification ( couleurs et formes) : théâtre chinois/ commedia dell'arte ...

b)      Dans le théâtre occidental, le costume de théâtre a subi une évolution car la conception de ses fonctions a gagné en liberté ; elle est devenue un ressort de la mise en scène et de ses choix.

-          Il est toujours lié à la mode de l'époque mais subit  une stylisation.

-          Au XVIIème siècle : l'acteur se vêt de tenues de Cour, offertes par le protecteur, avec surcharge, par souci d'exhiber la richesse, sans référence au personnage incarné.

-          Le costume gagne en précision mimétique dans le théâtre réaliste. Au XVIIIème siècle, les auteurs,  VOLTAIRE & DIDEROT en réformateurs du théâtre,  CLAIRON, FAVARD, LEKAIN GARRICK, des comédiens contribuent à passer à une esthétique plus réaliste : le costume prend fonction d'identification du personnage.

-          Au XXème siècle, dans les années 60-70 ; on a connu une valorisation du corps dénudé qui impliquait un rejet du costume.

-           le costume devient un signe qui s'intègre de façon de plus en plus réfléchie à l'ensemble de la mise en scène

2- Fonctions du costume

Comme tout habit, le costume est porteur d'indices (âge, condition, sexe...)

Cette « fonction signalétique » fonctionne à un double niveau :

* à l'extérieur à la scène : référent au monde réel/ histoire

* à l'intérieur du système de la mise en scène et d'abord celui des costumes

Il existe, dans le choix des costumes, une tension  entre la logique interne et la référence externe  qui se résout par des compromis.

A l'intérieur de la mise en scène :

Un costume est pensé/ perçu dans son rapport aux autres costumes de la représentation. On travaille sur un système d'oppositions/ ressemblances  portant sur un ensemble de paramètres ; couleurs, matières, coupes, formes ... etc . Du contraste à la complémentarité toute une gamme de relation fait sens.  Toute évolution ou transformation de ces rapports interne relève d'un souci de donner à voir la « fable ».

Le costume devient « objet-signe » : il est une plaque sensible, un reflet de l'action, du caractère, des transformations dans les rapports entre les personnages,  de la situation ....

« Décor ambulant »,  qui interfère directement avec l'acteur, il entre aussi en rapport avec les autres éléments du décor.

Un idéal se dégage : cet « objet-signe » de la mise en scène doit «parler», et  tenir non pas un seul discours, mais plusieurs.

3- Le costume et la mise en scène

« Ce n'est pas le costume seul qui parle, mais aussi sa relation historique au corps » G.BANU

Le costume ne peut se penser hors de son rapport au jeu de l'acteur, à son corps,  à ses mouvements et à ses déplacements. Le costume ne prend sens que porté, « joué » pourrait-on dire. Il est en relation avec le mouvement : il épouse, amplifie ou gène le mouvement de l'acteur ;  il provoque de la gestuelle et devient un vecteur d'extériorisation et de visibilité de l'univers mental du personnage, des enjeux dramatiques d'une situation.

Une autre dynamique se dégage donc : le costume est en relation sensible (visuelle) avec le public et en relation sensuelle avec le corps de l'acteur.

Il devient vecteur du mouvement et de l'orientation de la mise en scène.

« Le bon costume est celui qui retravaille toute la représentation à partir de sa mouvance signifiante. » ( Pavis)

La recherche actuelle se tourne vers la recherche d'un costume minimal à «géométrie variable » re-découpant le corps humain.

II- APPROFONDISSEMENT ( tiré de  L'Analyse des spectacles, P.Pavis, p.159-167)

Premier contact du spectateur avec le personnage et l'acteur qui l'incarne, le costume est signifiant et signifié.

Deux pôles de l'étude :

1- L'intégration dans les autres données matérielles du spectacle et comment le «  costume design », la mise en scène du costume, s'harmonise avec elles ou les  contrarie.

2- La relation acteur/personnage/costume : comment le costume et le corps du comédien dans le costume contribuent à construire le personnage.

Les fonctions du costume de théâtre.

Roland Barthes a mis l'accent sur la maladie du costume de théâtre : archéologique, esthétisante, historique. Ses fonctions sont :

La caractérisation (milieu social, époque, style, préférences individuelles...)

Repérage dramaturgique pour les circonstances de l'action : identification ou déguisement du personnage.

Le repérage du «gestus » global de la mise en scène  i.e. le rapport de la représentation à l'univers social

Le costume et le reste

Le costume et le corps

Relation à double sens : le costume est porté par le corps, mais le corps de l'acteur est aussi porté par le costume - vers son propre rôle, vers les autres personnages / et vers les spectateurs.

Le costume /l'interprétation : le costume aide, il suffit d'écouter les interview d'acteurs : actrices qui relatent comment l'essayage du costume peut être l'étape décisive de l'élaboration de leur jeu.  L'acteur écrit une partie de sa «  partition » personnelle par le jeu avec son costume.

Le costume dans le continuum  espace / temps/ action / lumière

Le costume peut générer une scénographie ambulante. La costumière Claude Lemaire parle de « décorcostume »

On peut noter à travers l'histoire des spectacles un jeu de vases communicants : beaucoup de décors statiques / peu de costumes et inversement.

On pourra donc se demander  comment :

* Le costume permet de  jouer avec l'espace

* Le costume joue avec la lumière

* Le costume sert aussi au rythme

* Le costume participe à l'action

Costume du performer, costume du personnage

L'élaboration du costume : comment a-t-il été créé, comment, dans quel style, avec quelle intention ? ( voir les sites des théâtres  [espaces théâtraux dans le site Théâtre de L'académie de la Réunion]

Vectorisation des costumes

En se basant sur la typologie des vecteurs (axes de séquences du spectacle/ et de sa réception)

AXE DE LA METAPHORE

AXE DE LA METONYMIE

1- Accumulateurs

2- Connecteurs

3- Embrayeurs

4- Sécateurs

1- Le costume vecteur accumulateur

Accumulation d'éléments vestimentaires servant à discriminer des personnages ou des groupes de personnages

2- Le costume vecteur connecteur :

Un système cohérent et régulier permet de relier entre eux des personnages ou des situations dans l'action.

3- Le costume vecteur embrayeur

Transition d'une univers fictionnel à un autre / invitation à une transposition historique. Des éléments anachroniques de type allusif ou parodique peuvent fonctionner comme embrayeurs. ( Ex Tartuffe m.e.s. par Planchon avec des hommes de lois vêtus comme des CRS ; allusions aux conflits politiques de années 60)

On peut noter qu'il est d'emblée une fonction d'embrayage qui s'impose : il permet la transposition de la personne de l'acteur vers le personnage fictif :

Comment l'acteur entre-t-il dans son costume ?

Que sort-il de son costume ?

4- Le costume vecteur sécateur

Tout marquage par le costume des changements brusques dans l'action

Voir II- LE COSTUME THEATRAL : PISTES DE SEANCES PEDAGOGIQUES

1-   TARTUFFE : INTERPRETATIONS ET MISES EN SCENE A TRAVERS LES COSTUMES

2-    DOM JUAN DE BLUWAL ET CHEREAU

3-    ACTIVITES COMPLEMENTAIRES : RECHERCHES EN LIGNE

Centre national du Costume : http://collections.ic.ge.ca/costume/